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Registre unique de sécurité : que dit exactement l'article L.4711-1

Ce que l'article L.4711-1 du Code du travail autorise vraiment : regrouper les registres obligatoires en un document unique, sous conditions de lisibilité et de mise à disposition.

Réglementation·26 août 2026

Le texte, mot à mot

L'article L.4711-1 du Code du travail dispose que l'employeur tient à la disposition de l'inspection du travail, des agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale et, le cas échéant, des services de la médecine du travail :

  1. les attestations, consignes, résultats et rapports relatifs aux vérifications et contrôles mis à sa charge par le présent livre ;
  2. les déclarations faites au titre du même livre.

L'article L.4711-5 ajoute la faculté centrale : l'employeur peut regrouper dans un document unique les informations et résultats mentionnés à l'article L.4711-1, à condition que ce regroupement permette de satisfaire aux obligations de mise à disposition et de conservation.

Ce que cela autorise

  • Réunir dans un même support les VGP des équipements de travail (R.4323-23 et suivants), les vérifications électriques (R.4226-16), les contrôles d'aération, de bruit, de rayonnements, les rapports des installations de levage, et les rapports incendie.
  • Utiliser un support numérique : aucun texte n'impose le papier. Le support doit rester lisible, disponible et non altérable rétroactivement.
  • Organiser le document par rubrique plutôt que par ordre chronologique — c'est d'ailleurs ce qui rend un contrôle rapide.

Ce que cela n'autorise pas

  • Supprimer une vérification obligatoire : le regroupement est une modalité de tenue, pas une dispense.
  • Écraser l'historique : les résultats antérieurs doivent rester consultables. Une base de données qui ne conserve que le dernier contrôle ne satisfait pas l'obligation.
  • Différer la présentation : « les documents sont chez notre prestataire » n'est pas une réponse recevable sur site. L'accès doit être immédiat, y compris pour un registre hébergé.
  • Fusionner avec le DUERP : l'évaluation des risques relève de R.4121-1 et suit ses propres règles de mise à jour et de diffusion. Voir notre article dédié sur ce qui se recoupe et ce qui ne se recoupe pas.

Durée de conservation

L.4711-1 renvoie aux durées prévues par les textes spécifiques. En pratique :

  • VGP d'équipements de travail : les rapports sont conservés au moins 5 ans (R.4323-26 renvoie à la tenue du registre) ;
  • Vérifications électriques : rapport conservé jusqu'au suivant, et pendant 5 ans en pratique ;
  • Registre ERP : conservé pendant toute la durée d'exploitation.

Notre règle simple : ne rien détruire. Le coût de stockage d'un PDF est nul, celui d'un rapport manquant en contentieux ne l'est pas.

Ce qu'on voit le plus souvent en visite

  1. Le registre existe, mais seules les VGP y figurent — l'électricité et l'incendie manquent.
  2. Les rapports sont signés mais non datés de la prochaine échéance, ce qui rend l'antériorité impossible à vérifier.
  3. Les suites données aux réserves ne sont pas consignées : la non-conformité est visible, la réparation ne l'est pas.
  4. Le registre est à jour au siège mais absent sur le site où l'agent se présente.

Aller au plus simple

Un registre unique bien tenu se vérifie en quatre minutes : rubriques claires, dernière date et prochaine échéance par ligne, rapport en un clic, suites données visibles. C'est exactement la structure que nous appliquons dans le registre électronique VGPGO — et celle que reprennent nos modèles PDF et Excel téléchargeables.

Sources : Legifrance — articles L.4711-1, L.4711-5, R.4323-23 à R.4323-28, R.4226-16 du Code du travail.