11

VGP grue mobile : contrôle semestriel, 7 modules et essai du limiteur

Périodicité, cadre légal, documents exigés, les 7 modules de contrôle d'une grue mobile, méthode d'essai du limiteur de moment et critères de rebut des câbles.

Familles d'équipements·20 août 2026·Mis à jour 05 septembre 2026

Périodicité et cadre légal

Une grue mobile est un appareil de levage de charges à poste non fixe : la vérification générale périodique est semestrielle au titre de l'arrêté du 1er mars 2004, dans le cadre des articles R.4323-23 à R.4323-27 et R.4324-21 du Code du travail. La conception relève de la directive Machines 2006/42/CE et des normes NF EN 13000 (grues mobiles) et NF EN 14439. Les guides INRS ED 6339 / ED 6113 et les recommandations CNAM R.436 et R.459 complètent la méthode.

S'y ajoutent :

  • la vérification de mise en service à la première utilisation dans l'établissement ;
  • la vérification de remise en service après démontage, remontage, réparation d'un organe essentiel, remplacement d'un élément de structure ou accident ;
  • les vérifications imposées par la notice du constructeur, notamment le suivi de la durée de vie théorique de l'appareil.

La conduite relève du CACES R.483, catégorie A (flèche treillis) ou B (flèche télescopique). Cette autorisation de conduite ne remplace pas la VGP de l'appareil. De même, le contrôle technique du porteur routier relève du Code de la route et ne couvre pas la partie levage.

Identification et documents

  • Plaque constructeur lisible et indélébile : constructeur, année, numéro de série, marquage CE, CMU, masse totale avec et sans contrepoids.
  • Abaque de charges en cabine, sous forme de tableau de charge et/ou de diagramme de charge, pour chaque configuration : longueur de flèche, portée, contrepoids et sortie des stabilisateurs (rentrés, partiels, totaux).
  • Cohérence entre l'abaque, la plaque et la machine réellement configurée.
  • Notice en français, certificat CE, carnet de maintenance, rapports antérieurs et registre de sécurité.

Les sept modules de contrôle

  1. Châssis et translation — fissures, déformations et corrosion des longerons et platines ; pneumatiques, jantes et boulonnerie serrée au couple, roulements, suspensions ; ou chenilles : maillons, axes, galets, barbotin, tension et alignement.
  2. Transmission, direction, freinage — étanchéité des ponts et réducteurs, jeux, échauffement ; essai de braquage et modes de direction (normal, multi-essieux, crabe) ; freins de service, frein de stationnement testé en pente, ralentisseur.
  3. Stabilisateurs — poutres télescopiques, vérins, patins de répartition, verrouillages, capteurs de position et de pression, absence d'affaissement sous charge. Tout défaut de stabilisateur est une anomalie critique entraînant l'inaptitude immédiate.
  4. Superstructure et tourelle — couronne d'orientation (jeu, graissage, denture, boulonnerie au couple), mécanisme et frein de rotation sans dérive, contrepoids conformes et verrouillés.
  5. Flèche — télescopique : sections, patins de glissement, câble et vérin de télescopage, clapets de sécurité ; treillis : éléments identifiés, axes et goupilles, haubans et pendants ; capteurs de longueur et d'angle cohérents avec l'affichage.
  6. Treuils, câbles, moufle et crochet — frein de treuil, enroulement et spires de sécurité, terminaisons ; crochet, linguet, ouverture de bec et CMU lisible.
  7. Cabine et dispositifs de sécurité — commandes marquées revenant au neutre, afficheurs, arrêts d'urgence, limiteur de moment et de charge, anti-deux-blocs, fins de course, indicateur de dévers, anémomètre, dispositif d'abaissement de secours.

Essai du limiteur de moment : la méthode

On retire 10 % de tare au poids brut de la charge d'essai, on calcule le couple de référence à partir de l'abaque de la configuration montée (charge × portée), puis on divise par la charge réelle pour obtenir le déport admissible.

Exemple : charge brute 1 700 kg → charge réelle ≈ 1 545 kg. Abaque : 1 500 kg à 10 m → couple 15 000 kg·m. Déport admissible ≈ 9,7 m.

Trois interprétations :

  • coupure nettement avant le déport calculé : défaut de réglage, sans danger immédiat ; à consigner, le contrôle peut se poursuivre ;
  • coupure à la distance calculée ou légèrement avant : conforme ;
  • aucune coupure au-delà du déport admissible : anomalie majeure / critique, l'essai est arrêté et l'appareil déclaré inapte.

Critères de rebut des câbles

Selon la NF EN 12385-4 et la notice :

  • réduction de diamètre supérieure à 5 % du nominal ;
  • usure des fils extérieurs supérieure à 1/3 du diamètre du fil ;
  • fils rompus au-delà du seuil de la notice, comptés sur une longueur de pas mesurée ;
  • corrosion sévère, manque de lubrification, coque, cage d'oiseau, écrasement, pliure, traces de chaleur ou d'arc électrique.

Essais en charge

Un essai statique et un essai dynamique sont réalisés lorsque l'état de l'appareil, une réparation ou la notice le justifient — en particulier en remise en service. Les charges d'essai et les coefficients sont ceux définis par le constructeur ou par la réglementation applicable. On vérifie l'absence de dérive du levage, du relevage et de l'orientation sous charge.

Un point souvent négligé : les accessoires

Élingues, manilles, palonniers et crochets utilisés avec la grue relèvent de leur propre vérification. Une grue conforme avec des élingues rebutées reste une opération de levage non conforme. Voir l'article dédié aux accessoires de levage.

Cadre de la vérification

Vérification réalisée par une personne compétente au sens de l'article R.4323-24 du Code du travail, désignée par le chef d'établissement, avec rapport écrit consigné au registre de sécurité.


Grues mobiles ou auxiliaires à vérifier ? Voir la page VGP grue mobile, la catégorie Grues mobiles, les Grues auxiliaires, ou planifier une intervention.