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VGP pont roulant et portique

Ponts roulants monopoutre et bipoutre, ponts suspendus, portiques, semi-portiques, potences et palans sur monorail : vérification générale périodique tous les 12 mois, ramenée à 6 mois pour les charges suspendues non guidées.

Le cadre réglementaire

Le pont roulant est un appareil de levage de charges installé à poste fixe : R.4323-22 à R.4323-28 du Code du travail et arrêté du 1er mars 2004 pour une vérification générale périodique tous les 12 mois. La périodicité est ramenée à 6 mois lorsque l'appareil déplace des personnes ou une charge suspendue non guidée (grappin, benne preneuse, électro-aimant). La conception relève de la directive Machines 2006/42/CE et des normes NF EN 15011 (ponts roulants et portiques), NF EN 14492-2 (palans), NF EN 13157 (appareils manuels) et NF EN 12385-4 pour les câbles. S'y ajoutent la vérification de mise en service, la remise en service après démontage, déplacement, modification ou réparation d'un organe essentiel, et les contrôles imposés par la notice du constructeur.

Les appareils contrôlés

Pont roulant monopoutre posé

Une poutre principale sur sommiers, posée sur le chemin de roulement. Charges légères à moyennes, palan suspendu à la semelle inférieure.

Pont roulant bipoutre posé

Deux poutres parallèles, chariot posé dessus : charges lourdes, grandes portées, meilleure répartition des efforts.

Pont roulant suspendu

Appareil suspendu à la charpente du bâtiment plutôt qu'à une voie au sol : l'aptitude de la charpente fait partie du contrôle.

Portique et semi-portique

Portique sur pieds roulant au sol (rails ou pneus), fréquent en extérieur ; semi-portique avec un appui au sol et un appui en hauteur.

Potence pivotante

Potence murale ou sur fût : scellements, platine, butées et frein de rotation sont vérifiés en plus du palan.

Palan sur monorail ou poutre roulante

Palan électrique ou manuel circulant sur un rail : semelle, éclisses, aiguillages, butées d'extrémité et chariot porte-palan.

Les 16 organes de sécurité vérifiés

Chaque organe est identifié sur l'appareil, puis essayé réellement : un dispositif présent mais inopérant est traité comme s'il était absent.

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Schéma VGPGO — implantation type des organes de sécurité d'un pont roulant. Les positions réelles varient selon le constructeur et la notice de l'appareil.
  1. 01Limiteur de chargeInterdit le levage au-delà de la CMU ; déclenchement vérifié en surcharge contrôlée.
  2. 02Fin de course de levage HAUTArrête la montée avant l'accostage du moufle sur le chariot.
  3. 03Fin de course de levage BASPréserve les spires de sécurité sur le tambour.
  4. 04Fin de course de translationArrête le pont avant les extrémités de la voie.
  5. 05Fin de course de directionLimite la course du chariot sur la poutre.
  6. 06Butoirs de fin de voieButée mécanique finale du pont et du chariot ; jamais absente ni fissurée.
  7. 07Anti-collisionÉvite la rencontre de deux appareils sur la même voie.
  8. 08Frein de levageRetient la charge à l'arrêt : aucun glissement admis.
  9. 09Frein de translationDistance d'arrêt du pont et du chariot mesurée en charge.
  10. 10Arrêt d'urgenceCoupure immédiate de tous les mouvements, au sol et à la commande.
  11. 11Klaxon / avertisseur sonorePrévient les personnes au sol pendant les déplacements.
  12. 12GyrophareSignalisation lumineuse du pont en mouvement.
  13. 13Crochet à linguet de sécuritéLinguet présent et rappelé ; ouverture de bec mesurée.
  14. 14Sectionneur général cadenassablePermet la consignation avant toute intervention.
  15. 15Radiocommande / boîte à boutonsRetour au neutre, marquage des mouvements, arrêt d'urgence.
  16. 16Guide-câble et chemin de roulementEnroulement correct du câble ; rails, fixations et alignement de la voie.

Postes de conduite

Boîtier pendulaire

Commande filaire suspendue : marquage des mouvements, câble de soulagement, retour au neutre et arrêt d'urgence.

Radiocommande

Appairage, portée, mise en veille, état des batteries, arrêt d'urgence et absence de mouvement intempestif.

Cabine

Accès et échappatoire, visibilité, commandes marquées, siège, coupure générale et dispositif de secours.

Identification et documents exigés

  • Plaque constructeur lisible : constructeur, année, numéro de série, marquage CE et CMU.
  • CMU peinte ou affichée, visible depuis le sol, sur la poutre, le chariot et le palan.
  • Notice d'instructions en français et déclaration CE de conformité.
  • Carnet de maintenance, rapports de VGP antérieurs et suivi de la levée des réserves.
  • Attestation ou note de calcul du chemin de roulement, de la charpente ou des scellements de potence.
  • Rapport de mise ou de remise en service après installation, déplacement, modification ou réparation.

Les 7 modules de contrôle

1. Documentation et identification

  • Plaque constructeur, marquage CE, CMU lisible depuis le sol sur la poutre et le palan.
  • Notice en français, carnet de maintenance, rapports de VGP antérieurs et levée des réserves.
  • Note de calcul ou attestation du chemin de roulement et de la charpente support.

2. Chemin de roulement et voie

  • Rails : usure, matage, fissures, éclisses et fixations sur toute la longueur.
  • Alignement, écartement et niveau de la voie, absence de dénivelé anormal.
  • Butoirs de fin de voie et amortisseurs : absence ou rupture = anomalie critique.

3. Structure

  • Poutres principales : flèche résiduelle, déformation, fissures, corrosion.
  • Sommiers, têtes de pont, pieds de portique, suspentes : fixations et boulonnerie au couple.
  • Soudures principales et absence de modification non documentée.

4. Chariot et translations

  • Galets, boudins, roulements, guidage et anti-dérailleurs.
  • Réducteurs et moteurs de translation : étanchéité, jeux, échauffement.
  • Freins de translation du pont et du chariot, distance d'arrêt mesurée en charge.

5. Mécanisme de levage

  • Treuil, tambour, gorges, enroulement et spires de sécurité en position basse.
  • Réducteur, moteur, accouplements, poulies et moufle.
  • Frein de levage : aucun glissement de la charge admis à l'arrêt.

6. Câbles, chaînes, crochet

  • Câble : réduction de diamètre ≤ 5 %, fils rompus comptés sur un pas mesuré, déformations.
  • Chaîne : allongement mesuré sur 11 maillons, usure de section, maillons tordus.
  • Crochet : fissures, ouverture de bec mesurée, linguet fonctionnel, marquage CMU.

7. Organes de sécurité, électricité et essais

  • Limiteur de charge, fins de course, anti-collision, arrêt d'urgence, sectionneur cadenassable.
  • Armoire, ligne d'alimentation, mise à la terre, commandes à retour au neutre.
  • Essais à vide puis en charge : tenue de la charge, glissement de frein, distances d'arrêt.

Critères d'usure et outils de calcul

Usure du câble de levage

Le pas du câble se mesure (2 à 3 relevés moyennés), il ne s'estime pas. Une réduction de diamètre supérieure à 5 % ou un nombre de fils rompus atteignant le seuil de la notice impose la dépose du câble.

Réduction de diamètre
4 %
Pas de référence
70 mm

Câble acceptable au regard des deux critères saisis, sous réserve de l'absence de déformation.

Usure d'une chaîne à maillons

On mesure la longueur intérieure sur 11 maillons puis on la compare à la cote d'origine par une règle de trois. Exemple : 19,4 pour une cote d'origine de 18 donne 107,78 %, soit 7,78 % d'allongement.

Rapport mesuré
107,78 %
Allongement
7,78 %

Chaîne à remplacer — allongement au-delà du seuil retenu.

Le seuil de rebut de la notice du constructeur prévaut toujours.

Ouverture de bec du crochet

L'augmentation de l'ouverture de bec traduit une déformation plastique du crochet. Au-delà du seuil du constructeur (souvent 10 %), le crochet est déposé.

Écart mesuré : 5 % — crochet acceptable, linguet et fissures à contrôler.

Questions fréquentes

Quelle est la périodicité de la VGP d'un pont roulant ?
Tous les 12 mois. Le pont roulant est un appareil de levage à poste fixe au sens de l'arrêté du 1er mars 2004, dans le cadre des articles R.4323-22 à R.4323-28 du Code du travail. La périodicité passe à 6 mois lorsque l'appareil sert à déplacer des personnes ou une charge suspendue non guidée : grappin, benne preneuse, électro-aimant.
Un portique de chantier suit-il les mêmes règles ?
Oui. Portiques, semi-portiques, potences pivotantes et palans sur monorail relèvent du même arrêté et de la même périodicité que les ponts roulants. Le contrôle intègre en plus les pieds, le roulement au sol, les scellements de potence et les butées de monorail.
Le chemin de roulement est-il compris dans la vérification ?
Le contrôleur examine les rails, leurs fixations, l'alignement, le niveau et les butoirs de fin de voie, car ils conditionnent la sécurité de l'appareil. La vérification de la structure du bâtiment et de sa capacité portante relève en revanche d'une étude de charpente : l'attestation correspondante est demandée à l'exploitant.
Quels sont les motifs de refus les plus fréquents ?
Butoirs de fin de voie absents ou cassés, fin de course de levage haut inopérante, frein de levage qui laisse glisser la charge, linguet de crochet manquant, câble hors critère de rebut, arrêt d'urgence non fonctionnel et absence de sectionneur cadenassable.
Faut-il une épreuve en charge à chaque VGP ?
Non. La VGP périodique comporte un examen et des essais de fonctionnement, avec essai en charge nominale. Les épreuves statique et dynamique avec coefficients réglementaires s'appliquent à la mise en service et à la remise en service après réparation d'un organe essentiel ou modification de l'appareil.
Le CACES remplace-t-il la VGP du pont roulant ?
Non. Le CACES ou l'autorisation de conduite concerne l'opérateur ; la VGP porte sur l'appareil. Les deux obligations sont distinctes et cumulatives.

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